Une enquête épingle les comptoirs d’or

L’Institut national de la consommation vient de révéler aujourd’hui les résultats accablants de son enquête sur les comptoirs d’or, ces boutiques qui rachètent des métaux précieux aux particuliers.

Particuliers, soyez vigilants ! C’est en substance le message de l’Institut national de la consommation au terme de son enquête, menée entre juillet et septembre 2012, sur les boutiques spécialisées dans l’achat d’or.

Avec la crise économique et le retour de l’or comme valeur refuge, les boutiques de rachat d’or se sont multipliées comme des petits pains ces dernières années, au grand dam des Crédits municipaux qui ont déjà tiré la sonnette d’alarme, mettant en garde contre les méthodes parfois peu scrupuleuses de ces acheteurs d’or.

Des résultats accablants

L’Institut national de la consommation (INC), qui dépend du ministère de l’Économie, a donc été sollicité par les Crédits municipaux pour mener l’enquête. L’INC a alors envoyé des « enquêteurs-clients anonymes », dans 150 boutiques de grandes villes de France : Paris Marseille, Strasbourg,  Nantes, Toulon,  Rouen, Toulouse et Bordeaux.

Les enquêteurs mystères, avec en leur possession un lot de bijoux de valeur identique (estimé préalablement par les experts des Monts de piété) avaient pour mission de les faire évaluer par les acheteurs des boutiques visées.

Et les résultats sont éloquents et démontrent des méthodes peu scrupuleuses et un manque évident de transparence.

Ils révèlent que dans 97% des cas, la valeur des lots a été largement sous-estimée, les écarts pouvant varier du simple au double, voire même au triple.

Dans 75 % des cas, aucune pièce d’identité n’a été demandée par les acheteurs, dont certains ont même proposé un paiement en liquide.

Et les transactions se font dans la plus complète opacité.

Le client ne dispose que de peu d’informations, aucune boutique n’affiche le prix du gramme d’or, une majorité des officines n’affiche même pas le cours de l’or, et pas un seul propriétaire de ces boutiques n’a remis au client un document écrit précisant le poids ou la valeur du bijou.

Seuls 5 % des « professionnels » ont indiqué le montant de leurs commissions, des taxes et autres frais éventuels.

Une chambre syndicale pour fédérer et assainir la profession

La toute nouvelle Chambre syndicale des négociants d’or et du bijou d’occasion (la CSNOBO créée en mars 2012), qui prône une réglementation et plus de transparence dans la profession, évoque justement sur son site internet l’arrivée de ces nouveaux opérateurs sur le marché de l’or qu’elle qualifie d’ « opportunistes principalement dictés par l’appât du gain ».

Son président Gilles Rebibo ne mâche d’ailleurs pas ces mots, appelant ses confrères à se fédérer « pour changer l’image de la profession et apporter de nouvelles garanties de transparence » ce qui contribuera à « assainir et défendre la profession ».  

Pour une réglementation renforcée

En attendant, suite à l’enquête,  l’INC et les Crédits municipaux demandent que la réglementation soit renforcée : « Elle doit notamment imposer aux acheteurs d’or de fournir systématiquement des devis gratuits pour toutes les estimations et, en cas de transaction,  des reçus à leurs clients, quel qu’en soit le montant ».

Les deux organismes demandent également que ces documents délivrés comportent au moins la description des biens évalués, le poids de l’or, le nombre de carats (millièmes), le prix du gramme d’or racheté, l’estimation globale de l’or et autres accessoires des biens (pierres par exemple), le montant des frais et tous les éléments de traçabilité : identité du client, date de l’estimation ou de la transaction…

Poste sous : Actualités de l'Or,Pièces en Or Jeudi, octobre 25th, 2012

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